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Architecture

Baldaquin de Saint-Pierre

Le bronze a été pris au Panthéon. Romains et Latins n'ont jamais oublié.

Le baldaquin de Saint-Pierre de Rome, conçu par Le Bernin entre 1623 et 1634, est un dais en bronze de vingt-neuf mètres de haut. Une partie du métal proviendrait des plafonds antiques du portique du Panthéon.

Gian Lorenzo Bernini (1598–1680) a vingt-cinq ans lorsque le pape Urbain VIII Barberini, élu en 1623, le charge de couvrir le tombeau de saint Pierre — situé exactement sous la coupole de Michel-Ange — par un monument digne du lieu. Le Bernin conçoit un baldaquin colossal en bronze : quatre colonnes torses inspirées de l'antique vitis (la vigne sacrée), couronnées d'un entablement à volutes et d'un globe surmonté d'une croix. La hauteur totale atteint 28,5 mètres ; le poids, plusieurs dizaines de tonnes.

Le défi technique est principalement métallurgique : produire une telle masse de bronze coulé dépasse les capacités vénitiennes ou flamandes de l'époque. Urbain VIII autorise alors une décision qui restera scandaleuse : déposer les plaques de bronze du plafond à caissons du portique du Panthéon, en place depuis l'Antiquité, pour les refondre. La tradition rapporte que l'épigramme circulait dans Rome : « Quod non fecerunt barbari, fecerunt Barberini. » — « Ce que les barbares n'avaient pas fait, les Barberini l'ont fait. »

Cette attribution est partiellement vraie : on sait aujourd'hui que la majeure partie du bronze du Panthéon a servi à fondre des canons pour le château Saint-Ange, et qu'une fraction seulement est entrée dans le baldaquin. Mais l'image — Rome dépouillée pour Rome — a survécu à toutes les vérifications.