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Friedrich Nietzsche

*Amor fati* — « l'amour du destin » — est une formule stoïcienne qu'Épictète et Marc Aurèle pratiquaient, et que Nietzsche fait sienne au XIXᵉ siècle comme épreuve ultime d'acceptation du réel.

École
Philosophie continentale (après stoïcisme romain)
Dates
1844 à 1900

L'expression latine amor fati — littéralement « l'amour du destin » — n'apparaît pas telle quelle dans les textes stoïciens antiques, mais la disposition qu'elle nomme y est centrale. Marc Aurèle, dans ses Pensées (livre IV), écrit que tout ce qui arrive arrive comme la nature l'a tissé ; il ne suffit pas de l'endurer, il faut le vouloir.

C'est Nietzsche qui consacre la formule. Dans Le Gai Savoir (1882), il écrit : « Je veux apprendre toujours davantage à voir ce qui est nécessaire dans les choses comme étant le beau ; ainsi je serai de ceux qui rendent les choses belles. Amor fati : que ce soit désormais mon amour ! » Il y reviendra dans Ecce Homo en 1888, en y voyant sa « formule pour la grandeur ».

À ne pas confondre avec la résignation : aimer son destin ne signifie pas le subir, mais consentir activement à ce qui ne peut être changé, pour libérer l'énergie d'agir sur ce qui le peut encore.