Laozi (Lao-tseu)
Le *wu wei* (無為) — littéralement « non-agir » — est le principe central du taoïsme chinois, formulé par Laozi au IVᵉ siècle av. J.-C. : agir sans forcer, en épousant le cours naturel des choses.
- École
- Taoïsme
- Dates
- 571 av. J.-C. à 471 av. J.-C.
Le contresens est immédiat. Wu signifie « ne pas » et wei signifie « agir, faire », et la traduction littérale — « ne rien faire » — donne l'image d'une quiétude inerte. Mais le Tao Te King, le bref recueil attribué à Laozi (dont l'existence historique est incertaine — il aurait vécu au VIᵉ ou IVᵉ siècle av. J.-C.), répète au contraire : « Le sage agit par le non-agir, et rien ne reste à faire » (chapitre 3).
Le wu wei est l'action sans friction. Le menuisier qui suit le fil du bois plutôt que de le forcer ; le cuisinier qui désosse un bœuf en suivant les jointures, et dont le couteau ne s'émousse jamais (l'illustration célèbre de Zhuangzi) ; l'archer qui ne vise pas — voilà des images du wu wei. Le geste juste est celui qui épouse la forme de la situation, qui n'ajoute pas de violence à ce qui se présente.
Il y a là une critique implicite de l'éthique confucéenne, qui valorise au contraire l'effort moral, la rectitude conquise. Pour Laozi, plus on cherche la vertu, plus on s'en éloigne ; plus on s'agite, plus on rate. L'eau, qui n'a pas de forme, finit toujours par contourner la pierre.