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Poèmes

baudelaire correspondances

*Correspondances*, sonnet liminaire des *Fleurs du mal* (1857), pose une esthétique nouvelle : la Nature est un temple où parfums, couleurs et sons se répondent, et le poète en est le traducteur.

Langue
fr
Écriture
1857

« La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles ; / L'homme y passe à travers des forêts de symboles / Qui l'observent avec des regards familiers. »

Ces quatre vers, qui ouvrent Correspondances, formulent en 1857 ce que les symbolistes — Verlaine, Mallarmé, Rimbaud — feront leur. L'idée n'est pas neuve : Swedenborg, lu par Baudelaire, parlait déjà de correspondances entre le monde naturel et un monde spirituel. Ce que Baudelaire ajoute, c'est l'idée que les sens eux-mêmes se répondent — qu'un parfum peut être « frais comme des chairs d'enfants », ou « riche, et triomphant » comme une sonorité.

Cette synesthésie poétique aura une postérité immense : Rimbaud écrira Voyelles (« A noir, E blanc, I rouge… ») dans la décennie suivante, et tout le symbolisme européen, jusqu'à Debussy et Mallarmé, s'en réclamera.