Nº 5 (parfum)
Chanel Nº 5, lancé en 1921, est le premier parfum à intégrer massivement des aldéhydes de synthèse. Une surdose accidentelle d'Ernest Beaux lui a donné le sillage qui a fait son siècle.
- Maison
- Chanel
- Modèle
- Nº 5 (parfum)
- Année
- 1921
En 1920, Gabrielle Chanel — déjà installée comme couturière à Paris — passe ses vacances à Grasse, où on lui présente Ernest Beaux, parfumeur d'origine russe ayant exercé pour la famille impériale. Chanel lui commande un parfum différent de tout ce qui existe alors : non pas un soliflore (un seul fleur centrale), mais un bouquet abstrait — « un parfum de femme à odeur de femme », dit-elle, sans la sentimentalité florale qui dominait la parfumerie de la Belle Époque.
Beaux compose dix échantillons numérotés. Les numéros 1 à 5 forment une série ; 20 à 24, une autre. Lors de la composition du nº 5, un assistant aurait dosé les aldéhydes — des molécules synthétiques nouvellement maîtrisées par les laboratoires suisses — à environ dix fois la quantité prévue. Beaux, à l'essai, garde la version « erronée » et la présente à Chanel, qui choisit aussitôt le cinquième flacon. À la question du nom, elle répond simplement : « Je présente ma collection de robes le 5 du cinquième mois ; gardons-lui son numéro. »
Le parfum sort en 1921. Le flacon — un rectangle minimaliste à bouchon octogonal — est aussi novateur que le jus, à l'opposé des flacons baroques d'alors. Les aldéhydes lui donnent un sillage métallique et tenace, une « fraîcheur poudrée » qui n'existait pas avant. C'est le premier parfum « moderne » au sens où l'industrie l'entend depuis.