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Art classique

klimt baiser

L'or du tableau n'est pas peint — il est posé.

*Le Baiser* de Gustav Klimt (1908) est l'œuvre emblématique de la « période dorée » du peintre viennois — l'or n'y est pas un pigment mais des feuilles de métal réelles, appliquées sur la toile.

Gustav Klimt (1862–1918) est fils d'un graveur sur or de Vienne — métier que son père exerçait pour la cour. Cette familiarité précoce avec le matériau explique l'usage qu'il en fera. Entre 1899 et 1909, Klimt produit une série d'œuvres où il intègre de véritables feuilles d'or et d'argent à la peinture à l'huile : Pallas Athéna (1898), Judith I (1901), le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer (1907), et — point culminant — Le Baiser (1907–1908).

La technique combine plusieurs traditions. Klimt avait étudié à Ravenne et à Venise les mosaïques byzantines de Saint-Apollinaire-le-Neuf et de Saint-Marc, où la figure humaine se détache sur un fond d'or qui supprime la profondeur. Il en reprend le principe : les deux amants se découpent sur un fond d'or plat, qui annule toute perspective. Leur étreinte forme une silhouette dorée presque unique, ponctuée seulement par deux visages, deux pieds, et le contraste entre les rectangles noirs et blancs du vêtement de l'homme, les ronds colorés de la robe de la femme.

L'œuvre est exposée pour la première fois en 1908 à la Kunstschau de Vienne ; le gouvernement austro-hongrois l'achète aussitôt, avant même qu'elle ne soit achevée — un cas rare dans l'histoire des acquisitions publiques.