verre tenu
Un verre à pied se tient par la tige, jamais par le calice. La chaleur de la main réchauffe le vin de plusieurs degrés en quelques minutes — ce qui efface les arômes les plus subtils d'un blanc ou d'un champagne servi frais.
- Contexte
- Table, dégustation, réception
- Origine
- Codification œnologique du XIXᵉ siècle, usage généralisé au XXᵉ
La règle a une justification physique simple. La main humaine est à environ 33–34 °C. Un blanc sec se sert idéalement à 10–12 °C, un champagne à 8–10 °C, un rouge léger à 14–16 °C. Tenir le calice — partie large où repose le vin — chauffe le liquide à raison de plusieurs degrés en moins de cinq minutes ; les arômes volatils, qui distinguent un grand vin d'un vin ordinaire, sont les premiers à s'évaporer dès qu'on dépasse la température prévue.
Le verre se prend donc par le pied : la tige fine, qui relie le calice à la base circulaire. La prise se fait entre le pouce et l'index, à mi-hauteur de la tige, les autres doigts repliés. La base peut au besoin s'appuyer sur la paume, mais sans serrer.
Une seule exception : les rouges puissants servis très frais (un côte-rôtie au sortir de la cave à 12 °C, par exemple) gagnent à monter de quelques degrés avant dégustation. Dans ce cas — et dans ce cas seulement — entourer brièvement le calice du creux de la main est admis pour aider la mise en température. Le geste est exceptionnel.
Pour les verres à eau, à bière, à cocktail sans pied, la règle ne s'applique évidemment pas — on tient comme on peut.