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Musique classique

Johann Sebastian Bach

Une œuvre qu'on disait commandée pour soigner les insomnies d'un comte.

Les *Variations Goldberg* BWV 988 de Jean-Sébastien Bach (1741) sont une aria suivie de trente variations. Selon la légende rapportée par Forkel, le comte Keyserlingk les commanda pour ses nuits sans sommeil.

Le premier biographe de Bach, Johann Nikolaus Forkel (1802), raconte que l'ambassadeur de Russie à la cour de Saxe, le comte Hermann Karl von Keyserlingk, souffrait d'insomnies et entretenait à son service un jeune claveciniste, Johann Gottlieb Goldberg, ancien élève de Bach. Le comte aurait demandé une œuvre « d'un caractère doux et un peu gai » que Goldberg pourrait lui jouer pendant ses nuits. Les historiens modernes doutent de cette anecdote : la dédicace officielle ne mentionne ni le comte ni Goldberg, et Goldberg n'avait que quatorze ans à la publication.

L'œuvre elle-même est une démonstration : une aria (sarabande à 32 mesures), trente variations construites non sur la mélodie mais sur la basse et l'harmonie, puis la reprise exacte de l'aria. Toutes les trois variations, Bach insère un canon — d'abord à l'unisson, puis à la seconde, à la tierce… jusqu'au canon à la neuvième.

L'enregistrement de Glenn Gould en 1955 — joué à un tempo vif, sans ornement excessif — a fait redécouvrir l'œuvre au XXᵉ siècle.