dolce far niente
La différence entre la paresse et la douceur de ne rien faire.
*Il dolce far niente* — « la douceur de ne rien faire » — est une expression italienne entrée en français au XIXᵉ siècle, qui désigne moins l'oisiveté qu'un art conscient du repos.
L'expression apparaît en italien au XVIIIᵉ siècle, popularisée par les voyageurs nordiques qui découvraient, dans la culture méridionale, une attitude face au temps qu'ils ne savaient pas nommer. Stendhal l'emploie en français dès la Vie de Rossini (1824) ; au XIXᵉ siècle, elle devient un cliché du voyage en Italie — l'antithèse explicite du protestantisme productiviste du Nord.
La nuance importe. Far niente — « faire rien » — ne signifie pas l'inaction par incapacité ou par fuite. Dolce — « doux » — qualifie un état de présence, de jouissance lente, qui suppose en réalité une discipline : il faut savoir ne pas travailler, ne pas remplir le silence, accepter que les heures coulent sans projet. C'est ce que les Latins appelaient otium, distinct du negotium (« négation de l'otium » — d'où le mot négoce en français).
L'expression conserve aujourd'hui en français une légère ironie : on ne la prononce jamais sans sourire — comme si avouer aimer ne rien faire était une coquetterie.