aqua
Pourquoi « aquarelle » n'a rien à voir avec un poisson rouge.
De la racine latine *aqua* (« eau ») descend toute une famille française : aquarium, aqueduc, aquatique — et aussi aquarelle, peinture diluée à l'eau, par l'italien *acquerello*.
Le latin aqua signifiait simplement « eau » — l'élément, la pluie, le cours d'eau. Cicéron parlait déjà d'aqua viva (« eau vive »). Le mot a essaimé en français sous deux régimes : par voie savante (les emprunts directs au latin, comme aqueduc au XIVᵉ siècle, calqué sur aquae ductus, « conduite d'eau »), et par voie populaire, en passant par l'italien.
L'aquarelle entre dans cette seconde catégorie. Au XVIIIᵉ siècle, le français adopte l'italien acquerello, diminutif d'acqua, qui désignait depuis la Renaissance les pigments délayés à l'eau. La technique, elle, est bien plus ancienne — les enluminures médiévales l'utilisaient déjà.
À noter : aquifère (couche géologique qui contient de l'eau) combine aqua et le suffixe latin -fer, « qui porte ».