negroni
Né d'une question : « Pourriez-vous me servir un Americano un peu plus fort ? »
Le Negroni — gin, vermouth rouge, Campari à parts égales — serait né à Florence vers 1919, lorsque le comte Camillo Negroni demanda au barman du Caffè Casoni de renforcer son Americano au gin plutôt qu'à l'eau gazeuse.
Camillo Negroni était un personnage florentin — fils d'aristocrate, voyageur, ancien cow-boy au Wyoming, ancien employé d'une banque à New York — rentré en Italie au tournant du siècle. Au Caffè Casoni de Florence, il aurait demandé un soir de 1919 au barman Fosco Scarselli de modifier son Americano (vermouth rouge + Campari + eau gazeuse) en remplaçant l'eau par du gin. Scarselli aurait aussi remplacé la rondelle de citron par une rondelle d'orange — la signature du Negroni.
La famille Negroni a tenté plus tard de revendiquer une autre origine — un général Pascal-Olivier Negroni l'aurait inventé au Sénégal en 1857 — mais aucune source contemporaine ne le confirme.
La recette est d'une élégance brutale : trois ingrédients en parts égales, agités sur glace puis filtrés sur un grand glaçon, garnis d'une tranche d'orange. L'amertume du Campari, la douceur épaisse du vermouth et la sécheresse du gin composent un triangle qu'aucune des variantes ultérieures (le Boulevardier au whisky, le Negroni Sbagliato au prosecco) n'a vraiment dépassé.